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Assia Abdelfattah soutient sa thèse

Actualités, Soutenance

On March 25, 2026

Assia Abdelfattah soutient sa thèse le 25 mars 2026 à 9 heures, à l'amphithéâtre de La Maison Jean Kuntzmann, 110 rue de la Chimie, à Saint-Martin-d'Hères.

 

Titre : Acceptabilité individuelle et sociale des systèmes d'impositon en contexte inégalitaire

Composition du jury :

Rapporteurs : Marc Willinger, Professeur des Universités, Université de Montpellier et Arno Riedl, Full Professor, Université de Maastricht
 
Examinateurs : Lata Gangadharan, Full Professor, Université Monash, Thomas Epper, Directeur de recherche, Université de Lille et Carole Treibich, Maîtresse de conférence, Université Grenoble Alpes
 
Directrice de thèse : Sabrina Teyssier, Directrice de recherche INRAE
 
 
Résumé : La réduction des inégalités économiques et sociales constitue un enjeu central pour le développement et la stabilité des sociétés contemporaines. Toutefois, la persistance des disparités fragilise la cohésion sociale, la légitimité institutionnelle et la croissance économique. Loin d’être un phénomène récent, les inégalités accompagnent les sociétés humaines et bien que leur dynamique ne soit pas linéaire, les niveaux actuels de concentration des revenus et du patrimoine atteignent des sommets historiques, soulevant des interrogations majeures quant à leur légitimité sociale et politique. Les inégalités tendent ainsi à se reproduire de manière cumulative, générant des formes d’injustice intergénérationnelle qui remettent en cause leur acceptabilité sociale. Au-delà de leurs dimensions matérielles, elles influencent les perceptions de justice, les comportements individuels et
les normes sociales, notamment à travers des mécanismes de comparaison sociale et d’aversion à l’inégalité. Dans ce contexte, la fourniture et le financement des biens publics apparaissent comme des leviers essentiels de justice sociale dans les stratégies visant à contenir les inégalités et à en limiter les effets. Toutefois, la nature non rivale et non excluable des biens publics engendre des comportements opportunistes, rendant leur financement particulièrement complexe. Cette thèse analyse la manière dont différents dispositifs institutionnels interagissent avec l’inégalité pour façonner les comportements contributifs et l’acceptabilité sociale des politiques publiques. Elle s’appuie sur des méthodes expérimentales, combinant expériences de laboratoire, expériences en ligne et méta-analyse expérimentale pour identifier les comportements individuels et collectifs dans des contextes contrôlés. Le premier chapitre propose une méta-analyse expérimentale comparant l’efficacité des contributions volontaires et obligatoires dans le financement des biens publics en contextes égalitaires et inégalitaires. Les résultats montrent que les contributions obligatoires sont relativement plus efficaces lorsque les inégalités sont élevées, tandis que l’introduction de sanctions institutionnelles peut s’avérer contre-productive en affaiblissant des comportements contributifs lorsque le mécanisme de contribution est déjà imposé. Le deuxième chapitre s’intéresse à la désirabilité sociale et à l’acceptabilité individuelle et collective des dispositifs fiscaux dans le financement de biens publics. À partir d’une expérience en ligne menée dans trois pays, il compare des systèmes proportionnels et progressifs dans différents contextes d’inégalité. Les résultats indiquent que les dispositifs progressifs sont perçus comme plus désirables et disposent d'une meilleure acceptabilité, en particulier dans les sociétés les plus inégalitaires et ce de manière relativement indépendante des différences culturelles. Le troisième chapitre examine l’acceptabilité démocratique et l’efficacité de différents instruments de politique environnementale en contexte inégalitaire. À l’aide d’une expérience en laboratoire comparant des dispositifs de taxation (proportionnels et progressifs) et de régulation quantitative visant à limiter une externalité négative. Les résultats montrent que la régulation quantitative est à la fois l’instrument le plus efficace pour réduire les externalités et le plus largement soutenu par le vote, bien que les préférences diffèrent selon le niveau de revenu des individus. Dans l’ensemble, cette thèse met en évidence le rôle central du design institutionnel, des perceptions de justice sociale et des représentations des
normes sociales dans la contribution au bien public et l’acceptabilité de son financement et des politiques assurant sa préservation, en particulier dans des sociétés caractérisées par de fortes inégalités.
 
Mots-clé : inégalités, imposition, acceptabilité, bien public

Date

On March 25, 2026

Submitted on February 12, 2026

Updated on March 6, 2026